Traversée #3 - Communion

Hier, j’étais au lac en bas de la maison.

Il y a en nous ce besoin de communion.

« Communion » c’est : naturel, ouvert, confiant.

C’est un état naturel. Nous sommes en état de communion permanente, avec l’Air par exemple, ou l’Eau qui irrigue nos tissus en profondeur à chaque gorgée, mais nous l’oublions. Alors d’une évidence oubliée ou non-perçue, on a fait un besoin.

Tout ceci est souvent associé à l’enfance mais cela précède l’enfance en réalité. C’est notre mental de temps linéaire qui relie cela à l’énergie de l’enfance, cette joie, cette évidence.

Mais « communion » implique quelque chose de vital, d’essentiel, comme l’air, comme la confiance entre nous, tout aussi invisible et essentielle que l’oxygène, n’est-ce pas ?

Ma vie physiologique dépend de ma communion avec l’air et, de cette dépendance, mon désir de « faire seule », mon oubli de mon essence reliée, fait un point d’orgueil tragique… Je clame vouloir être libre, ne pas dépendre, de rien, de personne !! Mais en réalité, si on met de la lumière sur « dépendance », si on enlève les lourdeurs apprises par toutes les situations fausses, on voit que nous sommes viscéralement dépendants de tant et qu’il ne s’agit que d’ « être ensemble ».

A tant vouloir être « libre » et « indépendante », je perdrais le naturel, l’ouverture, la confiance. Je deviendrais méfiante, sceptique, défensive, agressive, et tout le catalogue que vous connaissez bien je suis sûre… Et pourtant, avez-vous vu comme « le besoin de communion » persiste toujours en-dessous, d’une manière ou d’une autre ?

Et puis un jour, sous les cuirasses d’apprentissages, une détente se fait, un accès se retrouve, la communion redevient inoffensive, bienfaisante, naturelle, détendue, spontanée – , et alors on est là comme des poussins, tout étonnés d’y être « arrivés », n’est-ce pas ? C’est adorable, et fragilisant aussi, parce qu’on s’est perdu tant de fois avant… (même si « avant » ne veut plus dire grand-chose).

Tout ce qui était un « état »… des états d’esprits, d’âme, des vagues, s’apaise et mute… en Présence.

On peut ressentir la communion dans la nature, n’est-ce pas ? Et alors on se sent élargi, vaste, plein, entier, c’est tellement bon. On peut sentir ça avec des gens aussi, et généralement on en déduit qu’on est amoureux alors que ça n’est pas ça. C’est juste ce besoin de communion qui, reconnu, élargit tout.

Alors le besoin disparaît.
Reste l’origine, la présence.
Et on peut partager un morceau de pain ensemble.