Luis Ansa - un phare

De Angélique Boudet, Nos invités, 24. décembre 2017

 

"Vous voyez, ce sont les petits choses comme cela qui amènent le changement, qui cassent les habitudes et qui étonnent les anges.

La créature, c’est la seigneurie du Seigneur. Sans seigneurie, il ne peux pas y avoir de Seigneur et sans Seigneur, il ne peut pas y avoir de seigneurie. C’est pour cela qu’il faut une alliance. Le problème, c’est que vous ne voulez pas le contact, vous ne voulez pas l’alliance, vous ne voulez pas capter. Ce que vous voulez, c’est apprendre, savoir, comprendre, avoir un pouvoir. Mais si vous sortez de cet esclavage, vous pouvez entrer dans un autre type de vibration, une autre programmation de vous-même et devenir serviteur de l’amour.

Dieu crée le monde à chaque instant, et à chaque instant, il envoie des propositions de filiation. Et nous sommes en état de désafiliation. Pourquoi ? Parce que chaque fois nous nous pensons en tant que personne séparée, c’est un mécanisme. Sortez de ce mécanisme. Non pas pour devenir mystique. Pourquoi devenir mystique ?, c’est idiot, c’est encore une classification. Dieu n’est pas mystique ! Pourquoi voulez-vous que Dieu se mette dans une Église avec des dogmes et des credo ? Dieu est partout !

Pourquoi ne pas devenir plutôt un observateur du divin autour de soi ? Le divin est sans cesse sous nos yeux, il est partout et nous ne le voyons pas. Nous nous sommes mis dans un exode imaginaire et nous attendons la terre promise. C’est cela, la paresse. Et en plus, nous voulons un Dieu parfait, mais Dieu n’est pas parfait, il est sans cesse en formation. Et puis, selon quels critères devrait-il être parfait ? En fait, c’est nous qui aimerions être parfaits et comme nous n’acceptons pas notre imperfection, nous devenons raides, durs, inflexibles.

(...)

Les oeuvres composées par Mozart ne sont que la copie lointaine de ce qu’il a entendu. Mais nous ne voulons pas accepter cela, nous voulons le parfait ! Mais le parfait n’existe pas. Alors, au lieu d’être tout le temps dans cette exigence de perfection, dans cette rigueur, dans ce despotisme vis-à-vis de moi-même et de l’autre, je me suis mis à faire comme Don Diego, je me suis mis à apprendre l’usage de la gratitude."

in La voie du sentir, Luis Ansa.

(c) photographie Angélique Boudet