Portée vers... ?

De Amandine Laëtitia Brossard, 28. septembre 2018

 



Il est de ces colons qui s’ignorent
Ignorent soi
Ignorent l’autre et l’asservissent avec tant de sévices
De leur sexe faible
De leur bourse garnie de pièces dégueulasses

Où est la valeur de l’homme ?

Il pense acheter tout
Toi, moi, tout

Ton silence
Ton amour
Ton coeur
Ta beauté

L’inestimable

Ineffable voleur a pris la tête
Coup de boule à tout ce fake

Que la terre est riche
Que le cœur et beau

A mettre en exergue et dépouiller des masques

Belle mascarade !

Cet homme je l’ai rencontré cette fois
Alors que ma vie s’aligne dans la matière
Ce que je vis et j’écris en phase afin de tout déposer...

Quand est ce que cela a commencé ?
Quand est ce que j’ai écris la vie sous masque ou romancée

Longtemps
Très longtemps

Adolescente alors qu’il valait mieux me taire qu’on me fasse taire
Se protéger

Cet oppresseurs toujours
Père mère

Soit un autre, être toi même n’est pas conforme

Je vous emmerde !
Aujourd’hui c’est la poussière que vous allez récolter comme les pièces que le vent gentiment vous offre pour votre si faible contribution de coeur

Elle a fait sortir sa femme sauvage
Elle l’a dévoilé

Le colon l’a senti
Dévoilé à son tour par son attitude devant elle

Comme un taureau devant le red
Bandant
De son ivresse à la violer
De son ivresse à la soumettre

Elle
Restée droite
Elle l’a vu

Elle a tout vu
Elle a vomi

Un relent d’histoires dégueulasse qui le rend séduisant pour certaines
Son flouz
Sa maille
C’est que des chaînes

Alors elle a ri
Inversion des pôles dans tous les secteurs de l’existence

A être nu on dénude l’autre
On le voit jouer au lion
Lui qui n’est que chaton

Petit chat frustré qu’on lui enlève son jouet

I am

Écrire sa vie
Son récit

Déposer
Déclarer
Citer
Dénoncer
Prononcer

Dire
S’écrire
S’inscrire

Être
Exister

Une trace
Une empreinte

Parfois brute de contour
Parfois douce d’intérieur

Tout cela
Jouer d’une ligne à une autre comme une mélodie s’écrit sur une portée

Portée vers... ?
Vers le libre
Portée à sortir de ce canevas de noir de lignes et de clefs pour être entendue
Parfois une seule fois

Peut être juste par les plantes ou par l’air
Et pourtant

Digne auditoire

Alb

Les gravures sont de Goya.