La Paix

De Hélaine Charbonnier Teljesseg, 16. septembre 2020

 

Elle était là. Et elle n’y est plus. Et elle est là encore. Et elle est revenue. Clignotant aux fils de nos humeurs. Et nous voilà béats devant cette beauté qui finit toujours par s’imposer : la PAIX. Tranquille et grande. La PAIX qui gonfle tes poumons. Qui en déploie joliment les alvéoles. Chuchotant la beauté et prédisant la grâce en cet instant où rien de toi-même ne peut te détourner. En cet instant où la solitude t’apparaît divinement parée et où tu te révèles enfin dans ta vastitude. Célébrant le vivant. Le nouveau. L’essentiel. Louant ce choix éclairé que tu fais de le célébrer. Glorifiant le présent, le passé, le passant, le voisin, l’épouse, le germe, le microbe - le tout divin petit qui vient pour nous interroger – l’immensément grand que tu ne peux appréhender et tout ce que tes yeux ont le pouvoir de balayer depuis l’exacte et merveilleux endroit où tu te situes en cet instant précis qui est la seule éternité. Tout ce que ton esprit est à même d’imaginer. Tout ce que tes pensées sont à même de créer. Bénissant cette mosaïque incroyable qui compose notre humanité. Nos forces et nos faiblesses conjuguées. Nos qualités et notre vulnérabilité superbes. Et avec elles cette opportunité magnifique qui t’es offerte de te retrouver.

La PAIX aimante et délicate comme une aube rose. La PAIX qui ne nous est jamais retirée et colore en son noyau le printemps qui va se déployant sous le soleil à la façon d’une tendre petite pousse. D’une cosse de fougère. D’un délicat et frais bouton. Ce printemps radieux qui s’offre ainsi au monde. Éclatant d’évidence. À la fois fragile en sa forme et majestueux.

— Bonjour ! Avez-vous votre laissez-rêver ?